Citation de la semaine : Egdar Morin sur les limites de la connaissance

« Le plus grand apport de connaissance du 20e siècle a été la connaissance des limites de la connaissance. […] Connaître et penser, ce n’est pas arriver à une vérité absolument certaine, c’est dialoguer avec l’incertitude. […] Déjà, dès l’aube de l’humanité, nous étions dans l’aventure inconnue ; nous le sommes plus que jamais et devons l’être en conscience. » (p. 61 à 67)

Dans ces pages, Morin cite les trois principes d’incertitudes de la connaissance, selon lui :

  1. cérébrale: « la connaissance n’est jamais un reflet du réel, mais toujours traduction et reconstruction, c’est-à-dire comportant risque d’erreur » ;
  2. psychique: « la connaissance des faits est toujours tributaire de l’interprétation » ;
  3. épistémologique : « [elle] découle de la crise des fondements des certitudes en philosophie (à partir de Nietzsche) puis en science (à partir de Bachelard et Popper). »

Cela ne mène évidemment pas à un relativisme puéril, mais immunise contre tout dogmatisme, qu’il soit philosophique, scientifique (d’ailleurs, un dogmatisme scientifique est en soi un oxymore…), politique, mais également individuel dans sa vie quotidienne ! Intégrer réellement en soi cette éviction de toute certitude est un fastidieux travail et salvateur ; il conduit notamment à l’humilité et, surtout, au besoin de constamment chercher des informations pour corroborer ou infirmer des interprétations sur la myriade de facettes de la réalité.

J’aimerais ajouter ci-dessous deux citations complémentaires, la première d’Hubert Reeves lors d’une conférence, la seconde de Pascal Charbonnat :

« La science n’est pas la vérité mais la plausibilité. »

« L’illusion correspond aux limites de notre appareil cognitif. » (p. 324)

N’hésitez pas à réagir !

P-W

Biblio :

CHARBONNAT, Pascal, et PÉPIN François (2013). Le déterminisme entre sciences et philosophie, Paris, Éditions Matériologiques, p. 386, « Sciences et philosophie », Matière première n°2/2012

Morin, Edgar (1999). La tête bien faite : Repenser la réformer – Réformer la pensée, [Paris], Seuil, p. 153, « L’histoire immédiate »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.