Proposition de cinq principes fondamentaux

Sur le site des Libres penseurs athées, un article de blog propose une liste de dix commandements pour un athée. À juste titre, un commentateur indique qu’un athée ne peut accepter des « commandements ». Mais si nous essayons plutôt à une liste de principes ? Voici mon commentaire sur le site. N’hésitez pas à réagir !

D’accord avec le fait de proscrire les « commandements » généraux, mais on peut édicter une liste minimale de « principes » généraux auxquels il faudrait absolument adhérer afin de pouvoir se considérer d’une part athée, d’autre part porteur d’une attitude de vie bénéfique à long terme à tout être vivant. Il faut une charpente solide commune pour qu’après se construisent des commandements personnels en cohérence avec l’ensemble.

Si je voulais m’essayer à cette liste de principes, je proposerais :

  1. Développement obligatoire, dès le plus jeune âge, de l’esprit critique ;
  2. Interdiction d’imposer tout dogme par quelque manière que ce soit, à plus forte raison chez les enfants et adolescents ;
  3. Enseignement pluridisciplinaire et complexe (dans le sens d’Edgar Morin) des savoirs acquis par le matérialisme méthodologique (méthode scientifique), tout en expliquant le caractère consensuel et provisoire de tout savoir (ce qui n’enlève en rien sa pertinence ! cf. Guillaume Lecointre dans de nombreuses conférences en ligne) ;
  4. Respect des libertés de chacun tant que ces libertés ne portent pas atteinte aux libertés d’autrui ;
  5. Conscientisation d’appartenir à une communauté de destin étendue à l’ensemble de la Terre, à la biosphère dans son intégralité.

Les points 1., 2. et 3. pourraient atténuer à moyen terme la propagation cognitive de toutes les fadaises religieuses, et à long terme l’affaiblissement politique et décisionnel des institutions religieuses. En outre, ces trois points ne s’opposent pas explicitement aux religions : il n’y a donc pas de confrontation brutale avec les croyants, il s’agit seulement d’une technique de libération de la pensée par propagation de l’esprit critique (et, oserai-je le dire ? par immunisation contre les maladies cognitives que sont les idées religieuses – cf. « Et l’Homme créa les dieux » de Pascal Boyer).

Les points 4. et 5. répondent plutôt à l’angoisse dostoïevskienne : « Si dieu n’existe pas, alors tout est permis. » À mon sens, le souci n’est pas « tout est permis » mais : l’animal humain se permet tout… Or, sans verser dans un scientisme naïf, je pense à la suite de nombreux penseurs que l’ensemble des connaissances objectives peuvent permettent la survie de l’espèce humaine où l’ensemble des plaisirs surpassent l’ensemble des déplaisirs (vision utilitariste). Ceci dit, les connaissances objectives étant amorales, il convient de prendre des directions éthiques pour endiguer l’immoralité plausible des applications techniques.

Il me semble, à l’heure où j’écris ces lignes, que de ces cinq principes peuvent découler tous les commandements intimes formulés par un athée : pour l’avortement, contre la surpopulation, contre la peine de mort, contre la guerre, pour l’euthanasie encadrée, contre les technologies mécanisant l’animal humain, contre le capitalisme tel que pratiqué actuellement, contre l’élevage intensif, pour une démocratie plus proche de l’anarchisme que de la ploutocratie, etc. La liste peut être aussi longue qu’il existe de choix possibles auxquels doit faire face un individu.

Qu’en pensez-vous ?

P-W

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